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Youngtimer | Renault Clio Williams (1993-1996) : la licorne bleue et or !

Par François - 8 avril 2020
Dossier youngtimer Renault Clio Williams

Digne héritière d’une lignée de Renault sportives, la Clio Williams voit initialement le jour en 1993 pour accéder à la compétition (groupe A et groupe N). Elle sera ainsi commercialisée au grand public sous la forme d’une série limitée, et à hauteur de 2500 exemplaires pour obtenir l’homologation. Mais très vite, face à l’engouement des amateurs de bombinettes, sur un segment en chute libre, le constructeur français au losange prend la décision d’augmenter la production. Trois ans et 12 100 unités vendues plus tard, la légende est née !

Présentée en 1993 en marge du Tour de Corse, la Clio Williams est en quelque sorte une évolution de la Clio 16S destinée à la compétition.  “Elle a tout d’une grande” disait le slogan de l’époque. Son nom provient directement des victoires de Frank Williams chez Renault Sport en F1. Bientôt 20 ans après, sa livrée Bleu Sport nacré (code 449) et ses jantes Speedline couleur or, font toujours fureur et n’ont pas vieilli d’un poil.

A l’intérieur, la couleur bleue et le logo “Williams” s’invitent un peu partout (fond de compteurs, pommeau de levier de vitesses, ceintures de sécurité, moquette, etc.), mais ça reste une 16S. Seuls ses sièges baquets en velours marquent une différence notable, bien que provenant de la R19 16S sur lesquels est brodé le fameux “W”. Pour rester dans l’exclusivité, Renault appose une petite plaque de laiton rivetée sur le tableau de bord avec le numéro unique de chaque Clio Williams (exclusive à la première série de 2500 exemplaires). Le confort est toujours bel et bien présent au delà des sièges baquets. Très civilisée, elle offre de série les lèvres-vitres électriques, la fermeture centralisée des portes et la direction assistée, tout en restant sous la tonne.

Production de la Renault Clio Williams

  • Clio Williams Phase 1 (1993-1994) : 5 417 exemplaires
  • Clio Williams Phase 2 (1994-1996) : 5 065 exemplaires
  • Clio Williams “Phase 3” (1995-1996) : 1 618 exemplaires (export uniquement)

Renault Clio Williams

Moteur

Pour passer la Clio en catégorie 2000 cm3, Renault a dû trouver une solution pour mettre un 2.0 dans la petite citadine. C’est le bloc F qui servit de base dans la Clio Williams. Le F7P (estampillé F16 ie) de la Clio 16S est donc devenu F7R pour la Williams, passant d’un 1.7 à un 2.0. A partir de là, le constructeur français n’a fait que jouer à construire un puzzle géant en allant piocher partout dans sa gamme. Ce dernier reprend notamment la culasse à 4 soupapes par cylindre déjà vu sur la R19 16S ou encore le vilebrequin de la Clio Diesel (plus robuste). Les soupapes d’admission sont équipées de poussoirs hydrauliques, le carter d’huile cloisonné et le collecteur d’échappement type 4 en 1 viennent renforcer l’ADN “course” de la Clio Williams.

Résultat, le moteur sort 147 chevaux et 175 Nm de couple, soit seulement 10 ch de plus par rapport à la Clio 16S (catalysée). La Clio Williams a également droit à un catalyseur, obligatoire en France depuis le 1er janvier 1993, et reprend la boîte de vitesse à 5 rapports de la 16S (renforcée pour pallier au nouveau couple). Les performances sont bonnes à l’époque et la place au sommet de sa catégorie, avec un 0 à 100 km/h expédié en 7,8 secondes. Toutefois, on sent très bien que la française en a plus sous le capot. Ce catalyseur à lui même va brider cette dernière qui se montrera moins performante qu’une Peugeot 309 GTI 16, sortie 3 ans plus tôt.

Contrairement à sa version “compétition”, la Clio Williams “civile” souffre également d’un limiteur qui frappe à 6500 tr/mn, soit 500 tours plus tôt que sur la Renault Clio 16S. Et avec un couple à son pic à partir de 4500 tr/min, cela ne vous laisse qu’une trop petite fenêtre pour envoyer votre bolide dans les étoiles. Le fautif ne s’est jamais caché. Il s’agit du cahier des charges Renault dont la priorité fut d’opter pour des solutions techniques simples et économiques afin d’obtenir rapidement son homologation. De plus, la firme au losange voulait un moteur fiable et facile à entretenir. Ce bloc a d’ailleurs servi pour alimenter plus tard le coupé Mégane et le Spider Renault Sport.

Fiche technique synthétique de la Clio Williams

  • Moteur : 4 cylindres en ligne, 16 soupapes
  • Alimentation : injection électronique multipoint
  • Puissance : 147 ch à 6100 tr/mn
  • Couple : 175 Nm de couple à 4500 tr/mn
  • 0 à 100 km/h : 7,8 secondes
  • Boîte de vitesses : 5 rapports (manuelle)
  • Poids : 990 kg
  • Vmax : 215 km/h

Moteur F7R Renault Clio Williams

Au volant de la Renault Clio Williams

Derrière le volant de la Clio Williams, on sent immédiatement un train avant réglé aux petits oignons, largement aidé par l’élargissement des voies avant (+34 mm) grâce à l’utilisation des triangles inférieurs de la R19 16S (quand on vous dit que cette sportive est le fruit d’un puzzle géant…). Avantage d’un couple qui arrive tard, la motricité est bonne “malgré” des pneumatiques en 185/55 R15 (Michelin MXV3). La Clio Williams hérite d’un amortissement spécifique avec une garde au sol plus abaissée que la Clio 16S. Mais outre son comportement routier parfait, on remarque également un grand confort. Les aspérités de la route ou autre bosses et trous ne sont (presque) pas un soucis pour la Clio Williams, tout simplement bluffant !

L’arrière suit vos décisions de conduite et vos trajectoires sans broncher, et se placera naturellement où vous lui demander d’être. Elle se montre moins joueuse qu’une 205 GTI mais bien plus efficace. Le bon système de freinage (disques ventilés à l’avant) provient de la 16S, mais sans l’ABS. Globalement, d’un point de vue châssis et comportement routier, mise à part cette limitation frustrante à 6500 tr/min, nous n’avons pas de mal à parler d’un sans faute ! Cette Clio Williams “Super-16S” va logiquement séduire beaucoup de clients, ce qui forcera Renault à revoir sa production !

Intérieur Renault Clio Williams

Bilan

La Renault Clio Williams est une réussite avec des défauts largement comblés par son comportement routier. Performante et efficace, elle est étonnamment “confortable” pour une sportive de son acabit. Sa livrée bleue/or a su marquer toute une génération, et les lignes de la française n’ont absolument pas vieilli avec le temps.

Côté occasion, bienvenue au festival de la surcote. Ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit, la Clio Williams est dans notre top 10 des meilleures youngtimers. Mais vendue entre 20 000 et 29 000 euros (selon l’état, le kilométrage et si c’est une phase 1 ou 2), c’est prohibitif à notre sens. Et on ne vous parle même pas du prix de la première série de 2500 exemplaires… Pour les amoureux de la petite citadine française, nous vous conseillons plutôt de vous diriger avec une Clio 16S (140 ch/165 Nm), plus abordable (à partir de 7000 euros) et presque aussi performante. Et puis si son look est la seule chose qui vous plait, Leboncoin regorge (malheureusement) de beaucoup de Clio RSI/16S “montées en Williams”.

Galerie photo : Clio Williams

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