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Quels modèles sont encore produits en France en 2026 ?

Par La Rédaction - 14 septembre 2026
Voitures produites en France en 2026 : Renault, Peugeot, Toyota Yaris Cross et modèles automobiles fabriqués dans les usines françaises

L’industrie automobile française n’est plus aussi puissante qu’elle a pu l’être par le passé. En quelques années, les volumes de production ont fortement diminué dans l’Hexagone, sous l’effet des délocalisations, de l’arrêt de certains modèles et d’un marché européen moins dynamique. Pour autant, la France reste un territoire industriel automobile majeur en Europe. Surtout, la transition vers l’électrique ouvre de nouvelles perspectives à plusieurs usines françaises.

En 2025, 1 463 991 voitures particulières et véhicules utilitaires légers ont été produits en France, selon les données du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). C’est 33 % de moins qu’en 2019. Malgré cette baisse importante, la situation s’est améliorée par rapport à 2024, puisque la production nationale a progressé de 8 % sur un an.

Cette reprise s’explique notamment par l’arrivée de nouveaux modèles électriques sur les chaînes françaises. Renault joue un rôle particulièrement important dans cette transformation, avec plusieurs véhicules électriques assemblés dans le nord de la France.

La France demeure ainsi l’un des principaux pays producteurs automobiles de l’Union européenne. Elle reste cependant largement derrière l’Allemagne, qui a dépassé les quatre millions de voitures particulières produites en 2025, et l’Espagne, avec environ 2,38 millions de véhicules. La République tchèque se rapproche également dangereusement avec environ 1,45 million d’unités.

Renault mise sur l’électrique dans le nord de la France

 

Chez Renault, la transformation industrielle est particulièrement visible dans les Hauts-de-France. Depuis 2022, les sites de Douai, Maubeuge et Ruitz constituent le pôle industriel ElectriCity, conçu pour concentrer une grande partie de la production de véhicules électriques du groupe.

Le site de Douai accueille notamment la production de plusieurs modèles reposant sur les nouvelles plateformes électriques du constructeur. On y assemble la Renault 5 E-Tech, la Renault 4 E-Tech, la Mégane E-Tech et le Scénic E-Tech. Maubeuge conserve quant à lui une activité importante autour du Kangoo et de la Renault 4.

L’écosystème industriel français de Renault ne se limite toutefois pas aux voitures particulières. L’usine de Batilly produit le Master tandis que Sandouville reste spécialisée dans le Trafic. De nouvelles générations d’utilitaires électriques, dont les Estafette et Goelette, doivent également renforcer l’activité industrielle française.

L’Alliance est aussi présente avec Alpine, Nissan et Mitsubishi. L’Alpine A110 reste fabriquée à Dieppe, tandis que l’A290 et l’A390 sont respectivement produites à Douai et Dieppe. Nissan assemble la Micra à Douai et le Townstar à Maubeuge, tandis que le Mitsubishi Eclipse Cross rejoint lui aussi les chaînes de Douai.

Stellantis concentre ses usines françaises sur des modèles stratégiques

Le groupe Stellantis conserve plusieurs sites de production importants en France. Son implantation industrielle évolue néanmoins progressivement, avec une orientation vers des modèles plus rentables et des véhicules de nouvelle génération.

À Rennes-la-Janais, Citroën produit notamment le C5 Aircross. Le site de Hordain, dans le Nord, constitue quant à lui un important centre de production de véhicules utilitaires et de dérivés pour plusieurs marques. Les Citroën Jumpy et SpaceTourer, les Peugeot Expert et Traveller, ainsi que les Opel Vivaro et Zafira y sont assemblés. Le Fiat Scudo et le Toyota Proace sortent également de ces lignes.

La situation est plus incertaine à Poissy. Les DS 3 et Opel Mokka y sont actuellement produits, mais la fin de carrière de ces modèles, annoncée pour 2028, pourrait entraîner la disparition de la production automobile sur ce site.

Du côté de Peugeot, les usines françaises continuent en revanche de jouer un rôle majeur. Mulhouse produit les 308, 308 SW et 408, tandis que Sochaux accueille les 3008 et 5008. Le constructeur prévoit également l’arrivée de nouveaux modèles sur le territoire français à la fin de la décennie.

Toyota Yaris Cross : la voiture la plus produite en France

Le cas de Toyota est particulièrement intéressant. Malgré son origine japonaise, le constructeur figure parmi les principaux acteurs de la production automobile française.

Installée à Onnaing, près de Valenciennes, l’usine Toyota a commencé à produire la Yaris en 2001. Depuis, plusieurs générations de la citadine s’y sont succédé. Le site a même connu plusieurs années de domination dans le classement des voitures les plus produites en France.

Depuis 2022, c’est toutefois le Toyota Yaris Cross qui occupe la première place. Le petit SUV japonais est devenu la voiture la plus produite en France en volume, et ce pour la quatrième année consécutive en 2025.

L’usine d’Onnaing a franchi le cap des cinq millions de véhicules produits depuis son lancement. Elle assemble aujourd’hui la Yaris et la Yaris Cross, tandis que le Toyota Proace est fabriqué chez Stellantis à Hordain.

Bugatti perpétue la production automobile de prestige à Molsheim

La production automobile française ne se résume pas aux modèles de grande série. L’Hexagone conserve également un savoir-faire dans les véhicules d’exception.

À Molsheim, en Alsace, Bugatti continue de produire ses hypercars dans son atelier historique. Les derniers exemplaires des W16 Mistral et Bolide y sont notamment assemblés, tandis que la nouvelle Tourbillon doit prendre le relais.

L’avenir de la production Bugatti en France reste toutefois à surveiller. Rimac, qui contrôle aujourd’hui la marque avec Porsche, étudie une possible évolution de l’organisation industrielle et pourrait à terme produire certains éléments en Croatie. À ce stade, aucune décision définitive n’a cependant été annoncée concernant un transfert de la production complète.

Ineos maintient une production automobile à Hambach

En Moselle, l’ancienne usine Smart de Hambach accueille désormais Ineos Automotive. Le constructeur britannique y assemble le Grenadier, un tout-terrain thermique conçu pour privilégier les capacités hors route et la robustesse.

Après l’arrêt définitif de la production de la Smart Fortwo en mars 2024, le Grenadier est devenu le principal véhicule produit sur le site. Ses différentes déclinaisons, dont une version pick-up, permettent ainsi à Hambach de conserver une activité automobile.

Les petits constructeurs français résistent

À côté des grands groupes, plusieurs constructeurs artisanaux continuent de fabriquer des voitures en France. Leurs volumes sont évidemment sans commune mesure avec ceux de Renault, Stellantis ou Toyota, mais ils témoignent d’un savoir-faire industriel qui perdure dans l’Hexagone.

PGO et Secma font partie des acteurs historiques de cette production en petite série. D’autres marques plus récentes tentent également de s’imposer, à l’image de Devalliet et de son roadster Mugello ou encore de Quarkus avec son projet d’Hypernova.

La France conserve également une tradition dans les véhicules sportifs et les modèles d’exception avec Delage et Ligier, installés à Magny-Cours. Nardone et d’autres acteurs travaillent quant à eux sur des projets plus confidentiels.

Un autre phénomène gagne enfin du terrain : celui des préparateurs et carrossiers spécialisés dans le restomod. Leur principe consiste à reprendre des voitures existantes pour les transformer en modèles aux performances et au style profondément retravaillés. Ravage, par exemple, prépare des Alpine A110, tandis qu’Unofficial Machines revisite la Porsche 911 moderne dans un esprit inspiré de la 935.

La France reste une référence pour les voitures sans permis

Le savoir-faire français est également particulièrement visible dans le secteur des quadricycles. Le marché européen des voitures sans permis est largement dominé par des constructeurs français comme Aixam et Ligier.

Plusieurs autres fabricants conservent une production nationale, parmi lesquels Bellier, Chatenet, Devinci, Kate ou Kilow. De nouveaux acteurs comme Kilow cherchent également à développer une offre adaptée à la montée en puissance de la mobilité électrique.

Ce segment constitue une particularité intéressante de l’industrie française. Alors que les grands constructeurs cherchent à optimiser leurs coûts et à produire davantage à l’étranger, ces entreprises spécialisées continuent à fabriquer des véhicules en petites séries sur le territoire national.

Une production française en pleine transformation

En 2026, produire une voiture en France ne signifie donc plus nécessairement fabriquer de gros volumes de citadines ou de berlines généralistes. L’industrie française évolue vers un modèle davantage axé sur l’électrique, les véhicules à plus forte valeur ajoutée, les utilitaires et les productions spécialisées.

Renault transforme ses usines du nord autour de l’électrification, Stellantis adapte ses sites aux nouvelles générations de véhicules et Toyota confirme la compétitivité de son usine d’Onnaing avec la Yaris Cross. Dans le même temps, Bugatti, les constructeurs artisanaux et les spécialistes des voitures sans permis entretiennent une production beaucoup plus confidentielle mais toujours bien réelle.

La production automobile française a donc perdu du volume depuis 2019, mais elle n’a pas disparu. En 2026, plusieurs dizaines de modèles continuent d’être assemblés dans l’Hexagone, avec une particularité : l’électrification et la spécialisation industrielle pourraient bien devenir les principaux moteurs de son avenir.

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