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Youngtimer | Fiat Barchetta (1995-2005) : arme de séduction sous-cotée

Par François - 7 avril 2020
Dossier youngtimer Fiat Barchetta

En constatant le succès grandissant de la Mazda MX-5 depuis 1989, Fiat décide de s’attaquer à ce nouveau segment en 1995 avec la Barchetta. Plus craquante que la concurrence, elle offre une alternative d’avantage tournée vers le confort de conduite, sans violence. Exercice où elle excellera toute sa carrière.

Initialement appelé Spider 176,  le petit cabriolet fut appelé Diavolina, puis finalement Barchetta lors de son lancement. Côté look, la Fiat Barchetta dispose d’un design binaire, on aime ou on aime pas. Inspirée de la Mazda MX-5 et la Lotus Elan, son design est signé Andreas Zapatinas et Alessandro Cavazza, sous la supervision de Peter Barrett Davis. Si ses lignes étaient tendances lors de sa sortie en 1995, ces dernières ont très bien vieilli. A bord, et malgré plusieurs petits restylages, l’ensemble est sobre et ergonomique.

Mais au tout début des années 2000, la concurrence bat son plein sur le segment du petit cabriolet. Les Ford Street Ka, Peugeot 206 CC, Smart Roadster, MG F, Mazda MX-5 NB (etc.) sont autant de concurrentes qui vont contribuer à enterrer la Fiat Barchetta, au profit d’une grande gagnante en France, la 206 CC. Malgré un restylage en 2003 (nouvelle calandre, nouveaux pare chocs avant et arrière), Fiat décide de mettre fin à la production de son roadster en 2005, avec notamment une série limitée Consecrazione.

Fiat Barchetta

Moteur

Le bloc de 1747 cm3 de cylindrée reprend la technologie de la Lancia Kappa. Le moteur de 16 soupapes dispose d’un calage d’admission variable et de pistons refroidis par jet d’huile. La Fiat Bravo 16v (115 ch) dispose d’ailleurs du même 4 cylindres. Fait marquant qui différencie la Barchetta et la Bravo, c’est que le roadster italien disposait de série d’un collecteur d’échappement 4/2/1 en inox, typé « course ». Fiat s’avait déjà à l’époque qu’un tel modèle se devait de savoir bien chanter.

Comme la plupart des 16 soupapes de l’époque, la Fiat Barchetta a deux visages. Un premier offrant un couple disponible assez tôt (4000 tr/mn) et une certaine souplesse de relance, puis un deuxième visage s’illustrant par un hurlement dès lors que vous vous rapprochez des 7000 tours/mn. Couplé à un poids plume de 1090 kg et d’une boite à débattement court, elle surfe sur la mode du roadster agile qu’avait lancé Mazda avec la MX-5. L’italienne va se montrer plus rapide avec un 0 à 100 km/h expédié en 8,8 secondes contre 10 secondes pour la japonaises de 115 chevaux. Une dominance clairement contestée à l’approche de virages sinueux…

Fiche technique synthétique de la Fiat Barchetta

  • Moteur : 4 cylindres transversal, 16 soupapes
  • Puissance : 130 ch à 6300 tr/mn
  • Couple : 128 Nm de couple à 4000 tr/mn
  • 0 à 100 km/h : 8,8 secondes
  • Boîte de vitesses : 5 rapports (manuelle)
  • Poids : 1090 kg
  • Vmax : 200 km/h

Fiat-barchetta-4

Au volant de la Fiat Barchetta

On ne peut pas dire que son coté comportement routier est mauvais. La précision des trains roulant couplé à son freinage efficace nous donne aucune raison de critiquer la Fiat Barchetta. C’est un rail assez prédictif doté d’un train avant incisif et d’un train arrière soudé au sol. Vous arriverez évidemment à la faire glisser un peu, mais elle reste bien moins joueuse et maniable que sa concurrente japonaise, la MX-5.

Toutefois, ce comportement est desservi pas un châssis qui aurait mérité un peu plus d’attention quand on voit ses bons trains roulants. Chaque aspérité de la route sera autant de choc et de vibrations inquiétantes qui seront ressentis à bord de l’italienne, et d’autant plus décapotée. Mais « remettons tout de même l’Eglise au centre du village » (j’adore cette expression), la Fiat Barchetta n’est pas une pistarde et n’a jamais été conçue pour endosser le rôle de pure sportive. C’est une voiture à balade, dédiée aux sorties dominicales ou roadtrip en bord de côte, le tout bercé par les gammes d’un 4 cylindres typiquement italien. C’était une voiture parfaite pour emballer en tout confort, et non pour enrhumer la concurrence sans effort !

Fiat Barchetta

Bilan

La Fiat Barchetta est un roadster clairement sous-cotée. Baignant dans le style italien et parfaite pour cruiser en couple l’été, l’italienne a été victime de la concurrence.  Elle offrait pourtant un très bon comportement de routier et une sonorité particulière, typiquement italien.

Côté occasion, la Fiat Barchetta est encore très abordable à l’approche de son passage en « collection ». Ce n’est pas un modèle extrêmement rare et l’offre en occasion est encore (à date) abondante. Comptez entre 3500  et 7000 euros, selon l’état et le kilométrage bien évidemment. Un budget honnête pour un roadster atypique dont vous ne vous séparerez sous aucun prétexte l’été.

5 Commentaires

  1. Tessduc dit :

    Belle analyse qui mérite quelques ajustements car on a l’impression de lire un bel article un peu « hors sol ».
    Pour avoir essayé Mx5, Lotus Élise et Lotus Élan, la Barchetta n’est pas en reste loin de là. Je dirais même que sa traction lui permet des égarements quelque peu cavaliers (comme disait la pub de la Bravo) que je n’oserai pas avec une propulsion (hormis l’Élise : le Graal). Cette agilité manquante par rapport à la mimix (il faut le reconnaitre) est tout a fait récupérable par un minimum d’améliorations simples et pas cher qui va la transformer sans que ça devienne un bout de bois. Rapidement, on retrouve un comportement proche sinon plus que la Mimix qui elle souffre soit de manque de puissance (Na), soit d’embonpoint (Nb et Nc). Ce châssis légèrement amélioré couplé à ce sale cabot de moteur qui trépigne à toute hésitation du pied droit remet les pendules à l’heure. Si ce message n’est pas confirmé, ce n’est pas grave, il y aura du pas cher encore longtemps pour les passionnés de la bestiole.

    1. François dit :

      Merci beaucoup sur ce retour complet.
      Nous validons avec plaisir cette critique positive ! 🙂
      François

    2. Fabrizio dit :

      Salut. Je viens justement d’en acheter une. Tu commencerais par quoi comme améliorations ?

    3. le Métayer dit :

      tessduc bon commentaire bien vue je confirme ….

  2. Tessduc dit :

    Très simple : pneus bien choisis et adaptés, silent blocs barre stab irréprochables. C’est la barre anti rapprochement qui va modifier le châssis de manière significative. Ce dernier point est à la responsabilité de chacun car clairement en zone grise de la réglementation. Pour en savoir plus, voir le compte Barchetta français sur facebook avec tous les détails et les échanges à ce sujet. Ne surtout pas modifier le moteur qui ne supporte pas l’à peu près. Vouloir aller plus loin dans les modifications va user prématurément le jouet. Si on veut plus, il faut voir ailleurs (S2000, Lotus). Mais le rapport prix-prestation est sans commune mesure. Pour une comparaison marrante : Top Gear fait une conclusion plutôt pragmatique.

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