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Youngtimer | Toyota MR2 (1990 – 1999) : une belle gueule avant tout

Par François - 24 mars 2020
Dossier complet Toyota MR2 (GT-i16)

Cinq ans après une première génération (W10) à succès au Japon, la firme japonaise remet le couvert avec la Toyota MR2 en 1989 et l’importe en France. La sportive nippone, bénie d’un moteur arrière centrale et proposée en propulsion, connaîtra 5 révisions dont la plus célèbre reste la version GT-i16 de 175 ch.

Présentée au salon automobile de Tokyo à la fin 89, la Toyota MR2 a instantanément convaincu grâce à un design moderne qui n’est pas sans rappeler une certaine Ferrari 348. La nouvelle MR2 type SW20 n’a plus rien à voir avec son ancêtre la type W10, même en terme de poids où la japonaise prend 200 kg sur la balance. Commercialisée en coupé et en targa, elle se différencie avec deux phares pop-up à l’avant, deux sorties d’échappements, un aileron remodelé en une seule pièce et un nouveau bouclier avant.

Toyota MR2 (GT-i16)

Moteur (3S-GE)

Si on doit retenir une chose, c’est que le bloc 3S-GE développé en collaboration avec Yamaha a connu plusieurs évolutions lors de ses 10 ans de carrière sous le capot de la Toyota MR2. La disposition du moteur, pour une sportive des années 90, est assez inédite puisqu’il adopte une position arrière centrale, et entraîne les roues arrière. Habituellement réservée aux supercars italiennes de l’époque, cette configuration est une première pour la marque en Europe.

A sa sortie fin 1989 (Rev 1), la Toyota MR2 développe 160 chevaux et 191 Nm de couple, et va même atteindre 175 chevaux en 1994 (Rev 3) grâce à l’arrive du système d’induction ACIS qui optimise la puissance et le couple, avant de retomber à 165 ch en 1998 (Rev 5). Le 2.0 twin cam 16 est couplé à une très bonne boîte de vitesse manuelle à 5 rapports et à débattements courts. Le rupteur en première était atteint à 60 km/h et la boîte exploite parfaitement la puissance du moteur Toyota.

Toutefois, les performances de son moteur sont assez moyennes dans une époque où les sportives de cette catégorie sont encore des poids plumes sous la tonne. La Peugeot 309 GTI (160 ch) pèse 200 kg de moins et est plus rapide sur tous les exercices (400 m/1000 m en DA, 0 à 100 km/h, etc). Elle coûte surtout 60 000 francs de moins que la japonaise en 1990. Même la version 175 chevaux ne lui arrivera pas à la cheville. De plus, toujours en 1990, on peut presque s’acheter une Ford Sierra Cosworth (240 000 francs) au même prix qu’une Toyota MR2 GT-i16 (204 450 francs), avec 60 ch et presque 100 Nm de couple de plus. Les comparaisons défavorables et les alternatives de la sorte sont multiples…

Révisions Toyota :

  • 1999 – 1991 : 160 ch
  • 1992 – 1993 : 156 ch (catalysé)
  • 1994 – 1995 : 175 ch (ACIS)
  • 1996 – 1997 : 170 ch
  • 1998 – 1999 : 165 ch

Moteur de la Toyota MR2 (GT-i16)

Au volant de la Toyota MR2

Avec une configuration à moteur central arrière avec 58% du poids sur l’essieu arrière, les habitués de la propulsion ne seront pas dépaysés. Une conduite souple ne vous surprendra aucunement. C’est seulement lorsque vous pousserez la Toyota MR2 dans ses retranchements qu’il faudra rester vigilant, surtout sur sol mouillé. L’augmentation de la taille des pneumatiques lors de ses évolutions va tendre à réduire un peu ce phénomène de survirage, mais sans le faire disparaître. Vous avez toujours l’autobloquant à visco-coupleur pour limitez vos risques mais quand vous pilotez une propulsion avec un moteur positionné sur l’essieu arrière, la règle est la même pour toutes les voitures avec cette configuration : si son cul part, tout part !

A l’inverse sur sol sec, la sportive tient très bien la route. Le freinage est très correct (disques de 275 mm à l’avant, et 281 mm à l’arrière), tout comme sa tenue de route grâce à des barres anti-roulis et des suspensions avant et arrière à roues indépendantes, raffermies au fur et à mesure des évolutions. Conçu pour encaisser jusqu’à 230 chevaux (version suralimentée japonaise), le châssis de la Toyota MR2 reste très robuste pour les motorisations européennes.

Cette sportive japonaise est ainsi une très bonne école pour les pilotes en herbe qui veulent se faire la main sur une propulsion à moteur centrale arrière, tout en rêvant de faire tourner des têtes grâce à une ligne réussie. En voilà une bonne définition. C’est une voiture pour les rêveurs. La Toyota MR2 vous donnera un avant-goût d’une configuration réservée principalement aux supercars italiennes de l’époque, moins le bruit, moins les finitions et moins les performances. Avec de nombreux atouts (configuration, transmission, design, châssis), vous aurez déjà le beurre et l’argent du beurre, mais la crémière préféra toujours les sièges cuirs d’une Ferrari 348. Désolé.

Intérieur de la Toyota MR2 (GT-i16)

Bilan

L’atout majeur, surtout pour l’époque, est son design. Elle rendra jalouse des sportives qui ont tout misé sur le moteur, en délaissant l’esthétique. Encore aujourd’hui, on peut dire sans aucun doute que son look a su traverser les âges et que la japonaise n’est pas trop chère d’occasion. En bon état, vous trouverez de bonnes affaires aux alentours de 4 – 5000€. N’hésitez pas à contacter ceux qui osent la vendre avec un kit carrosserie de Ferrari pour les moquer (et ils sont nombreux), c’est tout ce qu’ils méritent !

L’un des membres de Downshift en a eu une (GT-i16), mais l’a gardé que 6 mois. Plateforme idéale pour débuter en propulsion, vous passerez très certainement sur des modèles plus puissants au bout de quelques mois/années. Selon les exigences et besoins de chacun, la Toyota MR2 pourrait vous laisser sur votre faim.

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