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N’achetez pas les voitures anciennes à n’importe quel prix

Par Audric - 28 mai 2020
Prix voitures anciennes

Depuis une vingtaine d’années, bon nombre de voitures plus ou moins anciennes voient leur cote exploser, à différents niveaux. Parfois, sans raison valable. Mais plusieurs pistes expliquent ce phénomène, à commencer par le comportement des acheteurs.

Si vous ne vivez pas dans une cave afghane et que vous suivez de près ou de loin l’automobile depuis quelques années, vous avez alors forcément repéré des annonces de voitures auparavant boudées, désormais vendues aussi chères qu’une BMW neuve. On pense notamment à cette Peugeot 205 GTI (1.6 !) vendue 60 000 € à Monaco il y a quelques mois. Un exemple évidemment qui tient du fait rare, mais globalement, la cote de la GTI arrive à un tel point que l’auto vaut désormais son prix neuf de l’époque…

Le cas des américaines

Pour illustrer la problématique du marché de la voiture ancienne, nous allons partir sur l’américaine. Pourquoi un tel choix ? Tout simplement parce que c’est celui que votre serviteur connaît le mieux. Je préfère donc éviter de trop détailler des choses que je ne maîtriserais pas.

Le cas typique est frappant est celui de la Mustang de première génération. Restylée à plusieurs reprises (1967, 1969, 1971…), elle doit son succès à deux choses : l’engouement médiatique (films, séries, publicités), et la ferveur au moment de sa sortie en 1964 dans une Amérique jeune et en quête d’objet de liberté. Le design joue évidemment beaucoup : équilibré (au moins sur la première phase), intemporel.

Au début/milieu des années 2000, il était encore possible de trouver des coupés en bel état à 15 000 €. Un ami avait même fait un joli coup (en France) sur un coupé 66 Code A (220 ch, carburateur double corps) sain, en carte grise française normale (et pas collection), boîte automatique, V8 289, avec quelques options comme le volant bois sport, le tableau de bord spécifique, acheté pour 10 000 €. Deux paires de jantes, un échappement neuf, et le tour était joué (il se servait même de la Mustang comme daily !). Aujourd’hui, bonne chance pour tomber sur une telle affaire : la moindre Mustang ancienne se vend au moins 20 000 € dans un état “correct”. Il n’est même pas rare de trouver des Mustang Mk1 en six cylindres (un moteur souple, mais peu puissant, avec une infecte boîte trois vitesses) à près de 25 000 € !

Pourquoi de tels prix ? Parce qu’au fil des ans, des acheteurs ont été assez gentils (en restant polis) pour débourser des sommes trop importantes, sur des voitures qui ne valaient pas le prix demandé. Le marché a donc suivi une courbe ascendante, artificiellement tirée vers le haut, accentuée par l’effet “importateur”, qui se sont multipliés depuis 20 ans en France. Mixez tout ça, et vous obtenez des voitures dont la cote a ni queue ni tête, et ne reflète pas forcément l’offre (elle est pléthorique sur la Mustang) ni l’état et les finitions/moteurs/équipements des autos. Qu’une Shelby GT350 de 1966 vaille aujourd’hui une petite fortune, pourquoi pas. Mais qu’un coupé de base soit affiché à 30 000 €, non !

Ancien, donc cher ?

Il faudrait une bonne fois pour toutes que les propriétaires de véhicules anciens (on compte là dedans les vieilles voitures et les Youngtimers) s’enlèvent de la tête que tout ce qui est rétro n’est pas forcément fortement valorisé. Et de l’autre côté, il faudrait que les acheteurs se mettent dans la tête qu’une Renault 5 “classique” à plus de 10 000 € (peu importe son état), qu’une Peugeot 205 GTI à 25 000 € ou qu’une Chevrolet Camaro 350 ci à 50 000 € sont surcotées. Un peu comme les premières Honda Civic, en somme.

Le problème du marché de la collection et du Youngtimers est qu’il s’est beaucoup trop professionnalisé. Les maisons de ventes aux enchères ont senti le filon depuis bien longtemps, les importateurs aussi, et tout ce joli monde fait gonfler anormalement les prix. Certains analystes prédisaient une chute du marché de la collection (en termes de prix moyens) dans les années à venir devant l’offre abondante, variée, et la raréfaction des clients. Mais pour l’instant, rien ne bouge.

En attendant, n’oubliez pas de bien négocier vos prix, et si le vendeur refuse d’être cohérent avec son bien et qu’il vous sort l’argument imparable (“je ne suis de toute façon pas pressé”), laissez tomber, et priez pour qu’un pigeon ne se fasse pas avoir, histoire que le marché ne gonfle pas encore un peu plus.

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