Boudée des puristes Porsche dès sa sortie en 1996 pour son manque de puissance et de punch, sa cote en état “occasion” depuis quelques années lui permet de trouver encore plus facilement des acheteurs. Cela signifie t-il pour autant que la Boxster 2.5 est a rayer de votre liste d’achat ?

Révélée en 1995 sous forme de prototype, la Porsche Boxster 2.5 (986) est née d’un constat général et récurrent dans le monde de l’automobile : afin de survivre, le constructeur allemand devait diversifier sa gamme et proposer une voiture disposant des standards de qualité Porsche, tout en la rendant abordable afin de réaliser suffisamment de volume. Présentée au mondial de l’automobile de Paris, le succès fut immédiat auprès d’une cible qui n’avait pas le budget pour une 911.

Porsche Boxster (986)

Une fois assis dans votre Boxster…

A l’intérieur de votre Porsche, les finitions sont bien évidemment au dessus de ce que vous pouviez trouver chez nos françaises à l’époque. Cependant, ces dernières ne sont tout de même pas au niveau de la 911 de la même génération. Vous aviez bien du Deutsche Qualität, mais sans pour autant avoir tout les petits détails dont vous aviez l’habitude de profiter dans les autres Porsche. On pense notamment à l’absence du réglage du volant (en profondeur), au toit ouvrant semi-électrique, ou encore aux sièges qui étaient en “simple” tissu (de série), bien qu’ils maintenaient plutôt bien ses occupants…

Dans les points positifs flagrants, vous aviez un compte-tour moderne (pour l’époque), en superposition des autres manomètres. Ensuite, l’avantage direct d’avoir un moteur central permettait à Madame de profiter de suffisamment de place à l’avant et à l’arrière pour déposer ses sacs. Pour le reste, le minimum vital était présent mais opérationnel (ABS, direction assistée, fermeture centralisée à télécommande, vitres électriques, 4 airbags). Il fallait néanmoins rajouter quelques dizaines de milliers de francs pour jouir en option de la clim, d’un habillage cuir des sièges, de l’ESP ou encore du saute-vent.

Porsche Boxster (986)

Verdict du Flat-6 du Boxster ?

Bien que Porsche ait voulu corriger le tir en 1999 en augmentant la cylindrée de la Boxster de 2.5 à 2.7L, les puristes de la marque ont toujours eu du mal a accepter les performances et les sensations issues du Flat-6 allemand. Avec 204 ch à 6000 tr/mn et 245 Nm de couple à 4500 tr/mn, le confort de conduite était pourtant loin d’être désagréable, notamment grâce à une boite 5 très bien étagée. Alors oui, on est loin de la précision de la Boxster S de 3.2L, mais pour une voiture transformée en bolide “abordable”, la qualité de la boite de vitesse n’avait pas été bradée pour une mécanique plus simpliste. Il y avait néanmoins une condition à respecter pour parfaitement profiter des 245 Nm de couple, de la boite et du sifflement de la transmission. Il fallait se trouver entre 4000 et 6500 tr/mn puisque la première moitié du compte-tours était plutôt molle… Soyons honnête !

Mais la Boxster avait tout de même des qualités. Son guidage et sa précision étaient au rendez-vous. Le poids compensait partiellement son manque de puissance et de punch grâce à 1’250 kg sur la balance (à vide). Le 0 à 100 km/h était expédiait en 6,9 secondes pour une Vmax de 236 km/h. Mais RIP tous les fous qui s’étaient aventurés à de telles vitesses en étant toujours décapoté… Enfin, le consommation était “normale” pour une voiture de cette acabit (+1 point pour l’usage d’un mot compliqué).  Comptez au moins 9L/100 pour un usage “papy” et 12L/100 pour un usage week-end/plaisir.

Porsche Boxster (986)

Sur la route…

Avec un moteur central et une répartition des masses presque parfaite, une Porsche reste une Porsche. Comptez donc sur une vivacité du châssis et une tenue de route similaire à une 911 (en bien moins rapide bien entendu…). Ensuite, on parle pas assez dans les tests de cabriolet/roadster, mais l’insonorisation de la Boxster a bien été étudiée et les mouvements d’air sont bien maîtrisés. Cependant, bien que l’antipatinage (désactivé pour les braves) n’handicape pas une conduite sportive, on paye les frais de cette Porsche “abordable” par l’absence d’un autobloquant. Et non, l’ABD de série agira que sur les freins. Alors faites-vous une raison ! 😉

Attention à l’usage circuit. Même si vous retrouverez les mêmes sensations sur piste que sur vos routes de campagne, promettez-nous de ne pas vous faire du mal pour rien OK ? C’est encore plus vrai aujourd’hui avec tous les nouveaux bolides sortis depuis 1996. Vous serrez doublés, et donc gênés, à chaque virage. Donc a moins de louer un circuit pour votre usage personnel, oubliez ce type de sorties…

Porsche Boxster (986)

Devenir propriétaire…

Proposée au prix de 45’700 euros en 1996, soit la moitié du 911 (Carrera), cela ne signifiait pas pour autant que vous achetiez une voiture moitié moins performante. Aujourd’hui, comptez 15’000 euros pour une Boxster LHDfrançaise avec moins de 100’000 km. Après, il vous reste la solution radicale si votre tirelire en forme de cochon est trop petite : achetez une Boxster anglaise (RHD), mais homologuée avec les plaques françaises. Vous en trouverez facilement sur leboncoin.fr entre 4’500 et 6’000 euros, selon l’état, avec un kilométrage moyen de 120’000 kilomètres.

Petite alerte néanmoins sur le coût d’entretien d’une Porsche, et surtout aux trafics de compteur et des Boxster elles-mêmes. Pensez ainsi à contrôler le numéro de châssis dès votre première prise de contact. Vous le trouverez gravé sous le capot en haut à gauche et/ou sur un sticker à l’intérieur de la porte conducteur. Enfin, faites de l’arbre intermédiaire de distribution (IMS) une priorité! Cette pièce, victime d’une conception ratée, et particulièrement sur les blocs M96 et M97, aura tendance à se gripper et se désintégrer en quelques milliers de kilomètres. Vous ne voulez quand même pas que les arbres à cames et la pompe à huile tournent dans le vent n’est-ce pas ? Alors ayez le réflexe de lz maintenance préventive…

RAS sinon pour la distribution par chaîne ou les boîtes de vitesse (même la Tiptronic en option). Les autres pièces du moteur disposent d’une durée de vie plus ou moins équivalentes aux autres allemandes du marché. Idem pour l’assurance, c’est open bar ! J’aurais payé 54€/mois en tout risque (MACIF; 29 ans; zéro sinistre depuis l’obtention de mon permis B) si je n’avais pas finalement opté pour une BMW Z3M roadster. Sorry les porc(chistes) ! 😉

Porsche Boxster (986)

Conclusion

La Porsche Boxster 2.5 est certes abordable, mais pour autant, cela ne fait pas d’elle une voiture bâclée. Si le manque d’équipement de série ne vous dérange pas tant que ça, alors c’est une excellente introduction au monde des Flat-6 Porsche, et vous pourrez être qu’émerveillés au fur et à mesure que vous monterez en gamme chez Porsche (à condition d’avoir les moyens bien sûr). Tu es encore jeune, tu veux une voiture plaisir pour les weekends avec Maman avant d’avoir besoin d’un Renault Scénic pour vous et vos 3 enfants ? La Boxster 2.5 est loin d’être un mauvais choix.

2 Commentaires

  1. Comment-ça j’aurais dû prendre une Boxter RHD à la place de ma MX5 rusty ? 🧐

    Le design général de la voiture à quand même vieilli assez mal par rapport à d’autre roadster de l’époque ! 😅.

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