Juju Noda a un rêve. Accéder à la Formule 1 et être la première femme à briller dans ce sport, jusqu’à présent, exclusivement masculin. Ce dossier se concentrera donc sur l’ascension de la petite Juju (à prononcer « joo-joo »), de ses débuts en karting à son premier contrat professionnel, en passant par ses récents exploits en Formula 4.

Juju Noda est une prodige japonaise, un diamant poli dès la naissance, une étoile unique parmi des milliards, bref choisissez la métaphore que vous souhaitez. De haut de ses 11 bougies, son rêve est clair « Je veux gagner en F1, et être la première fille à réussir ».

Les médias automobiles locaux parlent déjà de son talent exceptionnel, et l’un d’entre eux la décrit également comme une « pilote de toute une génération ».

Coach, fan #1 et père !

Sans crier à la légende, « Papa Noda », 48 ans, alias Hideki Noda, à une bonne carrière de pilote derrière lui. En débutant comme tous par le karting en 1982, il raffla tout ce qui était possible de gagner dans sa catégorie. Puis s’en suit monoplace Formule Junior en 1987, Formule 3 au Japon jusqu’en 1988, Formule 3000 en 1992, avant d’entrer dans la cour des grands en 1994 et “s’effondrer”. Avec seulement trois courses en Formule 1 et trois abandons, le japonais met fin à cette aventure Européenne, et se dirige vers l’Indycar dès 1997, puis retourne au Japon pour plusieurs saisons de Formula Nippon, de Super GT. Mention spéciale à trois départs aux 24 Heures du Mans, mais sans faire d’étincelles …

Quoi qu’il en soit, avec sa supervision et ses conseils solides, Juju Noda à toutes ses chances d’y arriver, et à 11 ans rappelons-le, l’équivalent d’une fille en école primaire. Avec déjà un sponsor japonais (MikiHouse) à ses côtés, Juju est la première pilote ayant signé un contrat professionnel aussi jeune.

Juju Noda Formula 4 avec papa Hideki Noda

Revenons à papa. Ce dernier avait commencé par la mettre dans un karting seulement à l’âge de 3 ans ! Après plusieurs années de pratique, et en gagnant la quasi-totalité des courses et des titres dans laquelle son père la faisait participer, Juju a eu la chance de piloter une Formule 4 à l’âge de 10 ans. N’oublions pas qu’en moyenne un jeune commence la monoplace à l’âge de 15 ans … OK.

Bien que les critiques fusèrent dans tous les sens dès ses débuts, ces dernières n’ont pas mis longtemps à en faire l’éloge … En effet, il a fallu moins d’un an de Formule 4 à Juju Noda pour mettre presque une seconde au record du tour de l’ex-circuit de Formule 1 d’Okayama (saison 1994 et 1995) en 1:32.800, catégorie Formula 4 moins de 17 ans (U17). On répète pour être sûr que vous compreniez enfaite … Une p**** de super sayan japonaise de 11 ans, avec moins d’un an d’expérience en Formula 4, à mis 1 seconde au record du tour en ridiculisant au passage des jeunes garçons de 16/17 ans.

DROP THE MIC !

D’où vient le talent de Juju Noda ?

D’une autre planète ? Car rappelons qu’en Formule 4, lorsque vous arrivez à la fin de la longue ligne droite du circuit d’Okayama, les voitures arrivent à 240 km/h et prenne presque 4G lors de la phase de freinage. La petite Juju faisant 30+ kilos, elle prend donc l’équivalent de presque 4 fois son poids !

Dans une interview accordée à Forbes Magazine, Hideki Noda fait l’éloge de sa fille :

Je lui enseigne tout ce que j’ai appris dans le sport automobile, mais son talent est incroyable ! Un talent bien plus grand que le mien. Elle a la capacité de sentir sa voiture, ses limites et l’adhérence des pneus comme personne d’autre. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre à quelqu’un. Elle est née avec ces capacités. Juju sait sentir ses limites, et elle ralentit si nécessaire, mais reste concentrée et rapide.

Même sa mère, Masae Noda, est tellement investi dans la destinée de sa fille qu’elle fait déjà l’ébauche d’un plan de carrière :

Maintenant que notre fille maîtrise sa F4 et qu’elle a décroché le record du circuit à Okayama, on souhaiterait la voir passer en Formule 3 dans les mois à venir. Mais elle devra vraiment entamer une préparation physique plus intense avec son père, parce que la F3 nécessite un pilote entraîné avec bien plus de force et d’endurance à cause des vitesses et des forces G plus élevées.

Girl Power !

Juju Noda n’est pas la première femme dans une monoplace ou ayant un rôle de près ou de loin dans la Formule 1. En effet, la “femme F1” du moment c’est Claire Williams, descendante directe de Sir Frank Williams, père fondateur du l’écurie de Formule 1. Mais sans trop remonter dans le temps on trouve également Ruth Buscombe, l’ex responsable stratégique de chez HAAS qui avait permis à l’écurie de marquer ses premiers points, mais aussi la toute nouvelle responsable ingénierie de Sauber depuis 2016.

Mais ce qui nous intéresse pour Juju Noda c’est les pilotes, et là, pas la peine de chercher loin non plus. On a ainsi Maria de Villota, ancienne pilote d’essai du team F1 Marussia (saison 2012) ou encore la splendide Carmen Jorda, la pilote de développement (simulateur) de chez Lotus F1 team en 2015 et de chez Renault Sport en 2016.

En revanche, si on souhaite trouver la dernière performance féminine lors d’un Grand Prix, il faut remonter jusqu’en 1975, avec Lella Lombardi qui avait réalisé sa meilleure course en carrière en finissant 6ème du GP d’Espagne. Cette dernière est d’ailleurs la seule femme ayant jamais marqué des points en Formule 1.

Talent bridé pour le moment ?

Son talent se voit pourtant un peu brider au fur et à mesure de ses exploits incoryables. Pas par sa voiture, pas par sa famille, pas par l’argent mais par son âge tout simplement. En effet, il n’est pas possible pour un pilote de moins de 16 ans (d’un championnat européen) de marquer des points en Formule 3, tout comme en Formule 1 où il faut avoir 18 ans. Mais l’idée pour “Papa Noda” est d’apporter à sa fille de la pratique Formule 3.

Peu importe de ce qu’on pense de Lance Stroll (en bien ou en mal), ce dernier partage un passé similaire de la jeune Juju Noda. Comme elle, il a brûlé les étapes à son jeune âge en passant de F4 à F3. Récemment, il a pu accéder directement à la F1 dès ses 18 ans avant de récemment monter sur la 3ème marche du podium du GP d’Azerbaïdjan 2017. Notre Super Saiyan va devoir ainsi s’armer de patience.

Mais la plus grosse épreuve qui attend Juju Noda et son père, et par laquelle sont déjà passées toutes les femmes citées précédemment, c’est le machisme. En effet, le monde automobile est un monde historiquement très masculin et la jeune japonaise va devoir s’armer de sang froid et rester concentrer sur son rêve. On compte également sur ces parents qui, nous l’espérons, feront le nécessaire pour la protéger de ses ondes négatives.

Source : Forbes

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