V-Rally 4

Cela fait pile 16 ans que le dernier opus de V-Rally est sorti. Le quatrième volet est aujourd’hui disponible, mais les développeurs ont changé. Le jeu, aussi.

Le début des années 2000 était une époque bénie pour les jeux vidéo automobiles. La série des Gran Turismo battait son plein, Colin McRae nous offrait ses services dans le monde virtuel et pour ceux qui ne voulaient pas se prendre la tête, il y avait toujours la possibilité d’aller faire un tour sur V-Rally. Le jeu se voulait résolument arcade, avec une conduite très stéréotypée et ultra facile à prendre en main.

Aujourd’hui, V-Rally fait son grand retour. Ce sont les Lyonnais de Kylotonn qui sont à l’origine de cette quatrième mouture plutôt attendue par certains nostalgiques. Alors, que contient-il, ce V-Rally 4 ? Vaut-il la peine de dépenser ses deniers ?

Prise en main pas forcément facile

Contrairement au premier V-Rally qui était très arcade (et l’assumait complètement) ce V-Rally 4 est plus subtile. Il ne va jamais réellement totalement pencher du côté d’un DiRT ou d’un jeu de simulation pur et dur comme Assetto Corsa sur la piste bitumée, mais la physique des véhicules et la conduite oblige au dosage.

Vous commencez par vous faire la main sur une Volkswagen Polo sur une piste poussiéreuse aux Etats-Unis. Vous apprenez alors les rudiments de la conduite façon “V-Rally”, en compagnie d’une femme qui vous accompagnera au commencement de votre carrière pour vous expliquer toutes les subtilités du jeu.

Après vous être pris quelques dérives bien méchantes, vous avez 50 000 crédits en stocks, et vous devez acquérir une auto. Votre serviteur est parti sur une Alpine A310 (oui, j’avais décidé d’être chauvin à ce moment là). Et là, c’est parti pour une course totalement différente, avec du Rallycross. C’est surtout l’occasion de découvrir que la conduite change complètement selon le véhicule dont vous disposez. Le passage d’une Polo WRC à une Alpine A310 est comme un choc post-tromatique lors d’un retour d’une zone de guerre. La transition est brutale, mais au moins, chaque auto possède réellement sa propre identité et demande un peu de doigté.

Il va falloir maîtriser le contre-braquage

Le problème de la conduite sur V-Rally 4, c’est le survirage. TOUS les véhicules dans V-Rally 4 survirent, et parfois méchamment. Ca m’a personnellement valu quelques crises de nerfs lorsque vous remettez un tout petit filet de gaz au deux tiers de la courbe et que votre auto se retrouve à 90°, sans raison apparente. Le pire, c’est que bien souvent, il est très compliqué de rattraper la dérive, même sur des autos à transmission arrière peu puissantes.

V-Rally 4
La reine du survirage dans un jeu où ça survire à mort. Imaginez un peu les dégâts.

Un défaut de conception du moteur physique bien dommageable selon nous, même si, encore une fois, V-Rally 4 n’est pas une simulation. Mais là, le survirage est clairement trop caricatural.

Un contenu intéressant mais une carrière vite redondante

V-Rally 4 offre plusieurs disciplines : le rallye, bien sûr, en grand classique, mais aussi le Rallycross, le hillclimb, le Buggy et le gymkhana. La carrière débute par le choix d’un véhicule, mais il faut faire attention : cela peut conditionner la suite de votre partie solo. Concrètement, vous débuter par le choix d’un véhicule dans une des catégories (Rallye, Rallycross, Hillclimb…).

V-Rally 4

Sauf qu’ensuite, pour débloquer le dernier modèle de la liste, il faut avoir acheté auparavant toutes les autres voitures d’une catégorie. Et cela peut vite coûter cher. V-Rally 4 vous incite donc indirectement à vous spécialiser dans une catégorie et à y rester.

Pour obtenir des dollars en masse, plusieurs solutions : gagner des courses (les autres places font gagner moins d’argent), mais aussi choisir des contrats de sponsoring par des marques. Et le premier qui tombe, c’est un contrat Renault !

Rapidement, vous enchaînez les parties en choisissant le type de course sur la carte mondiale : Rallycross, gymkhana, hillclimb, rallye… et vous progressez. Mais c’est aussi là que l’on atteint les limites de V-Rally 4 en solo, qui peut vite se montrer un peu redondant. Vous signez des contrats, jouez et gagner de l’argent, et rebelotte. La trame scénaristique est inexistante. Pire encore : si vous choisissez une partie rapide, vous aurez accès à tout le contenu de la carrière débloqué. Cette dernière ne sert donc finalement pas à grand-chose.

Si vous en avez marre de la carrière, vous pouvez toujours vous orienter vers le multijoueur, assez classique, mais aussi et surtout vers le mulitjoueur… local. En effet, V-Rally 4 propose de jouer à deux sur la même console en split screen. Une fonctionnalité très rare de nos jours sur les jeux modernes, et c’est vraiment un geste à saluer de la part  des développeurs français. Quel bonheur de pouvoir se mettre à deux sur le canapé pour se tirer la bourre sans prise de tête…

Des bagnoles pour tous

V-Rally 4 fait dans la variété en ce qui concerne la liste d’autos disponibles. Anciennes, modernes, japonaises, européennes, buggy, Mustang pour le gymkhana, il y en a pour tous les goûts, et globalement, les autos sont bien conçues.

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19 constructeurs et 48 véhicules au total, dont certaines anciennes gloires françaises comme la Renault Clio 16S aux couleurs Diac, d’un certain Jean Ragnotti. C’est donc plutôt plaisant de pouvoir se faire plaisir au volant d’un nombre important d’autos pour un jeu qui, à la base, n’est censé traiter que le rallye. Saluons donc les efforts consentis pour combler le collectionneur, même si, évidemment, on est loin d’un garage de Gran Turismo.

Graphiquement passable, très agréable à écouter

Globalement, V-Rally 4 s’en sort honorablement pour un retour. La claque graphique n’est pas spécialement présente, mais le jeu fait le job sans problème, et surtout, il est parfaitement fluide. Un point important pour un produit virtuel traitant de sensations de vitesse. Il est possible de choisir plusieurs vues lorsque vous conduisez : les classiques, mais aussi la vue intérieure, bien immersive et agréable à jouer. Le jeu est (très) loin de la finesse des simulateurs Forza et Gran Turismo, mais l’ensemble n’est pas désagréable pour autant.

V-Rally 4

Les sons moteurs sont plutôt bons, c’est même l’un des points forts de V-Rally 4 au chapitre de la technique. Le jeu vous met bien dans l’ambiance, surtout lorsque vous jouez avec la vue intérieure. Je n’ai personnellement pas essayé de profiter du jeu avec un set volant et pédales (les temps sont durs ma bonne dame), mais même à la manette, les sensations sont bien présentes.

Encore du boulot

Ce V-Rally 4 est un retour correct, mais il y a encore du boulot avant d’atteindre le niveau d’un jeu incontournable : graphismes, carrière plus travaillée, liste d’autos plus importante sont les choses qu’il faudra améliorer. Mais ne boudons pas notre plaisir de faire des parties à 2, en local. C’est tellement rare de nos jours…

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