C’est un débat qui existe parmi tous les fans de Formule 1. Une F1 peut t-elle rouler à l’envers ? On ne parle pas ici d’un looping mais bien d’un tunnel (par exemple).

On avait déjà vu Michael Schumacher, alias le baron rouge de la Formule 1, réaliser cette prouesse dans un tunnel dans le cadre d’une publicité pour la Mercedes-Benz SLS AMG. En revanche, il n’avait pas réellement réussi puisque cette pub s’était révélé être une fake.

On sait également aujourd’hui que les Formule 1 de la saison 2017 sont capables de développer 4G (soit 4 fois leur propre poids), notamment grâce à tous les éléments aéro-dynamiques présent sur la voiture. Cela signifie qu’en théorie à Vmax ou moins, cela serait possible de rouler à l’envers.

Petit aparté, rassurez-vous, dans le cadre de cette article de la rubrique Mais dit moi Jamy, nous n’allons pas utiliser de lourds calculs comme nous avons tendance à faire ! *Ouf*.

Quels pré-requis pour cet exploit ?

Pour rendre l’impossible possible, une Formule 1 ne peut pas se reposer seulement sur son aérodynamisme, comme tout bon ingénieur le sait. Il y a beaucoup de variables et de facteurs à prendre en compte. Ainsi, nous allons dans un premier temps dresser la longue liste non-exhaustive des problématiques à résoudre avant d’entreprendre notre approche visant à répondre à la question posée à Jamy :

  • Est-ce qu’un moteur peut fonctionner à l’envers ?
  • Est-ce que les fluides pourront t-ils circuler normalement (essence, huile, etc.) ?
  • Tous les systèmes seront-ils opérationnels (transmission, embrayage, freins, etc.) ?
  • Quel type de tunnel ou de construction sera nécessaire pour le test ?
  • Quel pilote aurait le courage de réaliser cette prouesse très dangereuse ?
  • Quel sponsor pourrait financer ce projet très onéreux ?

Downforce : le minimum syndical à viser.

Il existe énormément de formules mathématiques qui déclarent la prouesse possible, et c’est justement pour cela que nous allons passer cette phase “calcul”. Sachez seulement que ces calculs prennent en compte des coefficients minimum à atteindre tels que : le coeff de friction, le coeff de contact au sol (ou force au sol), le coeff d’appui aérodynamique, la vélocité, la traînée, la Force N (Normale), etc.

Ce sont ces coefficients et éléments qui permettent à une Formule 1 d’être “aspirée” vers le sol, et cela peu importe le sens de la voiture. Un peu comme quand ta femme te demande de passer le Dyson partout et que tu le passes sur ton tapis de douche. Il est aspiré d’un coup et tu sens qu’une force maintien les deux éléments. Une Formule 1 c’est pareil !

Enfin, la vitesse minimale nécessaire calculée, afin que la voiture puisse appliquer son propre poids en G vers le sol tout en la faisant avancer, est fixé à 200 km/h au plus bas.

Un moteur de Formule 1 : fonctionnel à l’envers ?

En l’état, la réponse à ce débat est non. Les moteurs de Formule 1 ne sont pas conçus pour rouler à l’envers. En revanche, il existe une porte de sortie à ce problème puisque aujourd’hui les avions de voltige peuvent réaliser des vols à l’envers sans avaries moteur.

Ainsi, après des heures et des heures de documentation de divers rapports d’expert en la matière, nous pouvons affirmer que le seul problème restant serait les liquides de la Formule 1, et plus particulièrement l’huile moteur. Tout simplement car un moteur classique est conçu pour récupérer l’huile au point le plus bas ce celui-ci, et dans notre cas c’est l’inverse qui devra être réalisé. La solution à ce problème passera donc par la modification et fonctionnement de ces pièces du moteur, ce qui représente un vrai coût.

Cela rejoint ce que l’on évoqué dans le listing des problématiques ci-dessous. Il faudrait trouver un sponsor capable de financer un tel projet car on parle ici de créer ou du moins partiellement re-concevoir un moteur de Formule 1. Pour info, Mercedes a dépensé £41 millions en 2011, seulement pour créer son moteur.

Moteur Mercedes AMG Formule 1 2017

Où réaliser cette prouesse ?

La solution logique, et l’exemple qui revient souvent pour ce genre de test, serait de faire cela dans un tunnel. Principalement car la rotation pourrait être réalisée graduellement jusqu’à atteindre la position visée, soit une conduite à l’envers.

En revanche, il faudrait que le tunnel soit parfaitement conçu (asphalte de qualité), en parfaite ligne droite, en forme de “C” et non de “O”, haut d’au moins (minimum) 7 mètres, et suffisamment long pour réaliser cet exploit. Encore une fois, nos lectures à l’appui parlent d’un tunnel d’au minimum 3.5 km (hors phase de prise de vitesse/décélération).

Certains de ces éléments pourrait ainsi faire peur au pilote qui souhaiterait tenter cette prouesse. Puisque se crasher à 200 km/h en tombant de minimum 7 mètres est bien pire que prendre un mur de pneus sur un circuit de Formule 1 …

Enfin, quel sponsor ?

Des sponsors comme Rockstar, GoPro ou encore Monster seraient des bons candidats. Mais un nom nous vient plus simplement en tête quand il s’agit de faire des choses folles et non-rentables juste pour la beauté du geste : RedBull ! Surtout parce qu’ils ont déjà des Formule 1, l’expertise technique et des installations pour optimiser les coûts de ce projet.

En revanche, ce projet est bien plus important que d’organiser un event de ski freestyle ou encore d’envoyer un autrichien à la limite de la stratosphère et le faire sauter ! Ici, on chiffrerait ce projet en millions d’euros, de quoi faire peur à ce sponsor.

Cela nous conduit donc à notre conclusion. La théorie et nos recherches prouvent qu’il est possible de réaliser ce projet, mais comme beaucoup de projets aussi ambitieux que celui-ci, le vrai facteur qui empêche cela de voir le jour est l’argent !

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