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Youngtimer | Renault Super 5 GT Turbo (1985 – 1990) : l’alternative

Dossier youngtimer : Renault Super 5 GT Turbo

Arrivée un an après la Peugeot 205 GTI, et armée d’un turbo, la Super 5 GT turbo compte bien mener une guerre sans merci à la lionne. Fort de son expérience en compétition automobile (R8 Gordini, R12 Gordini, R5 Alpine, R5 Turbo, etc), Renault va offrir une copie presque parfaite à tous les passionnées de la marque.

Blessé par la déculottée qu’à mis la Golf 1 GTI 1.6 à la R5 Alpine à la fin des années 70, Renault compte bien avoir sa revanche. Le constructeur français débarque en 1985 avec la Super 5 GT Turbo, surpris de voir que la Golf 1 GTI (1.6 et 1.8) est toujours présente, mais désormais obsolète face à la française qui la surpasse aisément. Cette victoire facile va être de courte durée puisque depuis un an, Peugeot commercialise la 205 GTI, un nouvel adversaire de taille.

Moteur

Le moteur de la Super 5 GT Turbo se base sur celui de la Renault 11 Turbo (1984 – 1989) et de la Renault 5 Alpine Turbo (1980 – 1986). Le bloc Cléon-Fonte en lui même est un 4-cylindres rustique à arbre-à-cames latéral qui fait ses preuves depuis 1962. Toutefois, le bloc français se refuse toujours au passage à l’injection et garde un carburateur (Solex 32DIS 854), couplé à un Garrett T2 soufflant à 0,7 bar d’origine. Plus petit, il se montre plus souple que le « gros » T3 de la R5 Alpine Turbo (1981 – 1984), avec un temps de réponse diminué. Un turbo à l’ancienne, avec un temps de réponse qui demeure bien perceptible.

Résultat, la Renault Super 5 GT Turbo développe 115 chevaux  et 165 Nm de couple (phase 1), puis gagnera 5 chevaux et 3 Nm de couple en plus en 1988 (phase 2) pour atteindre 120 chevaux et 168 Nm de couple. Avec son petit bloc turbo de 1.4, parfois moqué par ses concurrentes, la française se fait un plaisir de les narguer en offrant un couple similaire aux moteur 2.0, tout en affichant une consommation proche d’un 1.6. Précurseur du downsizing aujourd’hui largement généralisé, ses performances lui permettent d’égaler les prestations de la Golf 1 GTI. Petit bémol tout de même, sa boîte manuelle à 6 rapports hérite de débattements un peu longs et un étagement pouvant être amélioré (1ère trop courte notamment). Elle reste néanmoins précise dans sa globalité.

Au volant de la Renault Super 5 GT Turbo

Mécaniquement réussie

Une fois la ceinture bouclée et le premier rapport engagé, la Super 5 GT Turbo vous bénie immédiatement d’accélérations et de reprises étonnantes. Le « vieux » bloc Cléon-Fonte, couplé à son turbo T2, sait encore amplement vous mettre des coups de pied dès 3750 tr/mn. Le faible poids de la sportive française (830 kg) ne fait qu’accroître les sensations à l’accélération grâce à des montées en régime énergiques. Toutefois, sa sonorité était plus proche d’une GTL que d’une mini-GTI, alors on vous conseille d’imiter vous-même un bruit de moteur punchy pour retrouver son caractère sportif à l’oreille.

Sous le châssis se cache un train avant McPherson avec triangles inférieurs et barre anti-roulis. Cette configuration est déjà connu chez la R11 Turbo et offre ainsi un nez avant précis. Le train arrière pour sa part est inédit avec ses 4 barres (2 barres de torsion pour la suspension et 2 barres anti-dévers). Nouveauté qu’on retrouvera fréquemment chez Renault par la suite, et dont sa successrice, la Clio 16S, héritera. Son freinage à 4 disques est sans défaut et sera une future référence dans son segment.

La 205 et la Golf en ligne de mire

Face à la concurrence, si la phase 1 égale la performance de la Golf 1 GTI, la phase 2 finira d’achever l’allemande. On note néanmoins une attention particulière à avoir lors des phases de réaccélérations ou de lancement en 400m départ arrêté. Sa motricité peut être limitée/insuffisante en conduite sportive à cause de pneus sous-dimensionnés (175/60 R13).

C’est plus compliqué face à sa concurrente française, encore que. En 1985, à sa sortie, la Renault Super 5 GT Turbo arrive sur un territoire conquis par la Peugeot 205 1.6 GTI (115 ch), largement apprécié de la communauté et causant ainsi la mort de la variante à 105 ch sortie en 1984. Sur le bitume le combat est très serré mais est à l’avantage de la Renault. Il faudra que Peugeot commercialise une version 1.9 (130 ch) en 1986 pour venir à bout de la Super 5 GT Turbo. Et encore, si globalement la lionne est au dessus, ce n’est pas une domination écrasante. Moins délicate à piloter que la 205 1.9 GTI, la Renault reprendra la main face à sa concurrente si cette dernière (la Peugeot) est conduite par un néophyte. Encore aujourd’hui, le débat reste vif sur les forums entre les deux.

Bilan

La Super 5 GT Turbo coche presque toutes les cases et frôle la perfection. C’est la seule sportive de l’époque qui avait la faculté de faire douter la lionne de 130 ch, et cela malgré une mécanique vieillissante et une motricité perfectible. La Renault embarque 830 kg de sensations qui raviveront le cœur des passionnés de la marque au losange.

Néanmoins, comme sa concurrente la 205 GTI, c’est sur le marché de l’occasion que les choses se gâtent. Fort de sa réputation, sa cote continue d’exploser aujourd’hui et s’achète plus chère en occasion que neuve en 1985 (76 000 FF, soit 11 000 €). Comptez ainsi entre 11 000 et 16 000 euros pour un modèle en bon état et un kilométrage en dessous des 150 000 km. A titre de comparaison, en 2016, vous pouviez vous en tirer avec une bonne affaire à 8/9000 €.

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