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Porsche quitte le navire Bugatti/Rimac, et récupère 1 milliard d’euros

Porsche se sépare de bugatti et rimac

Porsche tourne définitivement la page Rimac. Le constructeur allemand a finalisé la cession de l’ensemble de ses participations dans Rimac Group et Bugatti Rimac. Une opération estimée à environ 1 milliard d’euros, qui intervient dans une période délicate pour la marque de Stuttgart.

Au-delà du montant de la transaction, cette décision illustre surtout un changement de stratégie. Porsche cherche désormais à réduire son exposition à des activités périphériques afin de concentrer ses moyens financiers et technologiques sur son activité automobile. Le ralentissement du marché électrique, les difficultés rencontrées en Chine et un contexte économique international moins favorable ont accéléré ce recentrage.

Une histoire commencée en 2018

La relation entre Porsche et Rimac remonte à 2018, lorsque le constructeur allemand avait pris une première participation dans la jeune entreprise croate spécialisée dans les véhicules électriques et les technologies de batteries. Au fil des années, Porsche avait progressivement renforcé sa position jusqu’à détenir environ 20,6 % de Rimac Group.

Un tournant majeur était ensuite intervenu en 2021, avec la création de Bugatti Rimac. Bugatti, jusque-là détenue par Volkswagen, avait été intégrée dans cette nouvelle coentreprise. Rimac Group en possédait 55 %, tandis que Porsche détenait les 45 % restants.

Ces deux participations viennent désormais d’être vendues à un consortium dirigé par le fonds américain HOF Capital, avec notamment la participation de BlueFive Capital, basé à Abou Dhabi, ainsi que le soutien de la famille Sawiris.

L’accord, annoncé au printemps 2026, a été définitivement conclu le 9 septembre, après l’obtention des autorisations nécessaires.

Un milliard d’euros pour renforcer les finances de Porsche

Cette cession apporte une bouffée d’air frais aux comptes de Porsche. Sur les quelque 1 milliard d’euros générés par l’opération, 250 millions d’euros seront affectés au financement des engagements liés aux retraites. Le reste contribuera à renforcer les ressources financières du constructeur.

La vente a également une conséquence directe sur les prévisions pour 2026. Porsche table désormais sur une marge de flux de trésorerie net comprise entre 5,5 et 7,5 % pour son activité automobile, contre une précédente estimation de 3 à 5 %.

Il faut toutefois relativiser cette amélioration : une partie de celle-ci provient directement de la vente d’actifs et ne traduit donc pas nécessairement une amélioration équivalente des ventes ou de la rentabilité opérationnelle.

Porsche réduit son périmètre

Le retrait de Rimac s’inscrit dans une politique beaucoup plus large menée depuis l’arrivée de Michael Leiters à la direction de Porsche en janvier.

Le nouveau patron souhaite simplifier l’organisation et réduire les activités considérées comme secondaires. Le plan annoncé prévoit notamment près de 5 000 suppressions de postes, ainsi que plusieurs cessions.

En août, Porsche avait déjà annoncé la vente de MHP, sa filiale spécialisée dans le conseil informatique et le management, à Tata Consultancy Services. L’opération représentait une valeur d’entreprise de 320 millions d’euros.

La vente de Rimac constitue donc une étape supplémentaire dans cette stratégie de recentrage.

Le ralentissement de l’électrique change la donne

Porsche doit parallèlement faire face à une situation moins favorable qu’espéré sur plusieurs marchés. La demande ralentit notamment en Chine, un pays particulièrement important pour les modèles haut de gamme de la marque.

La transition vers l’électrique constitue également un sujet sensible. Porsche avait engagé d’importants investissements afin d’accélérer l’électrification de sa gamme, mais la demande pour les voitures électriques premium progresse moins rapidement que prévu.

Dans ce contexte, conserver une participation dans un groupe aussi diversifié que Rimac peut apparaître moins stratégique. Car l’entreprise croate ne se limite plus à produire la Nevera : elle développe également des batteries, des composants automobiles, des solutions de stockage d’énergie et des technologies destinées aux robotaxis. Rimac Technology travaille notamment comme équipementier pour de grands constructeurs, avec des batteries fournies à BMW.

Bugatti entre dans une nouvelle phase

La sortie de Porsche marque aussi un changement important pour Bugatti. La marque de Molsheim s’éloigne encore davantage de l’époque Volkswagen, commencée à la fin des années 1990 et marquée par les Veyron et Chiron.

La direction évolue également. Christophe Piochon quitte la présidence de Bugatti Automobiles et son poste de directeur opérationnel de Bugatti Rimac. Après plus de vingt ans passés au sein de l’univers Bugatti, il laisse désormais les commandes à Mate Rimac.

À seulement 38 ans, le fondateur de Rimac devient ainsi directement président de Bugatti Automobiles. Il sera épaulé par Marko Brkljačić, nommé COO de Bugatti Rimac.

Fondée en 2009 après la transformation d’une ancienne BMW Série 3 en voiture électrique, Rimac est devenue l’un des acteurs majeurs de l’électrique haute performance. Sa Nevera revendique 1 914 ch et 412 km/h.

Le paradoxe est désormais total : Mate Rimac dirige une marque qui perpétue le moteur thermique avec la Tourbillon, tandis que son propre groupe s’est construit autour de la propulsion électrique.

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