Le Mondial de l’Auto de Paris 2026 s’annonce comme un rendez-vous particulièrement important pour l’industrie automobile française. Du 12 au 18 octobre, les constructeurs tricolores investiront la Porte de Versailles avec plusieurs nouveautés destinées à attirer l’attention du public. Et cette année, les stars ne manqueront pas.
Après une édition 2024 qui avait enregistré plus de 500 000 visiteurs, le salon parisien confirme son retour parmi les grands rendez-vous automobiles européens. Plusieurs constructeurs internationaux ont toutefois choisi de ne pas participer à cette nouvelle édition, à l’image de Toyota, Nissan, BMW, Mini ou encore Tesla. Une absence qui laisse davantage de place aux marques françaises, mais aussi aux nombreux constructeurs chinois attendus à Paris.
Renault, Peugeot, Citroën, DS et Alpine auront donc une carte importante à jouer. Entre renouvellement de modèles emblématiques, offensive électrique, retour de badges mythiques et présentation de nouveaux concepts, voici les principales nouveautés françaises à surveiller.
Alpine A110 : la Berlinette change de génération
Difficile de parler du Mondial de Paris 2026 sans évoquer Alpine. La marque sportive du groupe Renault devrait profiter du salon pour dévoiler davantage d’informations sur la future génération de l’A110.
Les passionnés de la Berlinette devront néanmoins accepter une petite déception : Alpine ne devrait pas encore dévoiler une remplaçante totalement définitive sous tous ses aspects. La marque a toutefois annoncé l’arrivée de nombreux éléments inédits.
La prochaine A110 conservera une silhouette immédiatement reconnaissable, mais elle sera profondément différente sur le plan technique. Alpine annonce que 95 % de ses composants seront nouveaux. Le modèle reposera sur l’Alpine Performance Platform, une architecture développée spécifiquement pour les véhicules sportifs électriques.
Cette future A110 adoptera une configuration particulièrement intéressante avec deux batteries et deux moteurs électriques installés à l’arrière. L’objectif est de conserver une voiture basse et une position de conduite proche du sol, deux caractéristiques essentielles pour une sportive portant le nom A110.
L’architecture électrique reposera sur une tension de 800 V, tandis que la recharge sera limitée à 400 V. Alpine indique également que la répartition de l’énergie entre les deux batteries sera de 25 % à l’avant et 75 % à l’arrière.
La puissance définitive n’est pas encore connue, mais le constructeur s’est fixé un objectif de poids de 1 500 kg maximum. Un chiffre conséquent comparé aux quelque 1 080 kg de l’A110 actuelle, mais qui reste raisonnable pour une sportive électrique.
L’A110 ne sera toutefois pas la seule Alpine à attirer les regards. L’A390, le SUV sportif électrique de la marque, sera également mis en avant. Son succès commercial sera déterminant pour Alpine, qui cherche à changer d’échelle tout en conservant son identité sportive.
Citroën prépare une surprise avec le retour de la 2CV
Chez Citroën, le spectacle pourrait être encore plus important. La marque aux chevrons devrait en effet ressusciter l’un des noms les plus emblématiques de son histoire : la 2CV.
Pour le moment, Citroën entretient encore le mystère autour de cette nouveauté. Une première image permet toutefois d’apercevoir une silhouette largement inspirée de la célèbre voiture populaire française.
Les proportions générales semblent reprendre plusieurs codes de la 2CV historique : capot arrondi, ailes marquées, pavillon relativement bombé et partie arrière particulièrement reconnaissable.
Mais cette fois, pas question de reprendre la mécanique d’origine. Cette nouvelle interprétation de la 2CV devrait être entièrement électrique et viser un positionnement particulièrement accessible.
Citroën souhaiterait en effet proposer cette petite voiture à moins de 15 000 euros, ce qui en ferait l’une des propositions électriques les moins chères du marché européen. Avec une longueur estimée à environ 3,80 m, elle se positionnerait également sous la ë-C3, plus grande avec ses quelque 4,01 m.
Ce positionnement pourrait permettre à Citroën de toucher une clientèle différente, à la recherche d’une voiture électrique simple, compacte et abordable. Reste à savoir si le modèle présenté à Paris sera déjà très proche de la version de série ou s’il conservera encore quelques attributs de concept.
Une chose est certaine : le retour de la 2CV pourrait être l’un des grands moments du Mondial 2026.
DS Numéro 7 veut s’imposer sur le marché des SUV familiaux
DS Automobiles profitera également du salon parisien pour présenter son actualité. La vedette de la marque sera le DS Numéro 7, un SUV familial appelé à jouer un rôle majeur dans la gamme.
Son ambition est claire : prendre la relève du modèle qui a longtemps constitué le principal succès commercial de DS. Pour y parvenir, le constructeur a choisi de ne pas miser uniquement sur l’électrique.
Alors que le Numéro 7 devait initialement être proposé exclusivement avec une motorisation électrique, DS a finalement décidé d’élargir son offre avec une version hybride de 145 ch.
Ce choix répond à une réalité du marché : malgré les ambitions européennes en matière d’électrification, les motorisations hybrides et thermiques continuent de représenter une part importante des ventes.
Le Numéro 7 pourra ainsi accompagner la DS N°8, grande berline électrique et véritable porte-drapeau technologique de la marque française.
Renault arrive avec un programme particulièrement chargé
S’il y a bien un constructeur français qui ne compte pas passer inaperçu au Mondial de Paris, c’est Renault.
La marque au losange, accompagnée de Dacia et Alpine, disposera d’un espace d’environ 5 000 m² sur lequel seront exposés près de 50 véhicules. Renault annonce également plusieurs concept-cars ainsi que 22 modèles électrifiés.
La moitié de ces véhicules seront entièrement électriques, tandis que l’autre moitié reposera sur des motorisations hybrides.
Mais au milieu de cette importante armada, une petite voiture devrait particulièrement attirer le public : la nouvelle Renault Twingo.
Nouvelle Renault Twingo : un retour aux sources très attendu
La future Twingo s’annonce comme l’une des nouveautés les plus importantes du stand Renault. Le constructeur reprend en effet les grandes lignes de la philosophie qui avait fait le succès de la première génération.
Présentée pour la première fois au Mondial de Paris de 1992, la Twingo originale avait marqué son époque avec son design sympathique et son approche très différente des petites citadines traditionnelles.
La nouvelle génération reprend cet esprit tout en l’adaptant à l’ère électrique. Renault cherche notamment à proposer une petite voiture capable de répondre aux nouvelles contraintes économiques et environnementales du marché européen.
Son arrivée intervient surtout à un moment où les constructeurs sont nombreux à réduire leur présence sur le segment des petites voitures, devenu particulièrement difficile à rentabiliser.
La Renault Mégane électrique profite d’un léger restylage
La Mégane E-Tech bénéficiera également d’une mise à jour pour le Mondial. Le changement le plus visible concerne sa partie avant, avec une évolution du capot, du bouclier et de la calandre.
Les modifications sont toutefois relativement discrètes. Renault a surtout travaillé sur les aspects techniques afin de maintenir la compétitivité de son modèle électrique.
La batterie passe ainsi de 60 à 67 kWh, permettant à l’autonomie annoncée d’atteindre 501 km, contre 468 km auparavant.
La puissance maximale de recharge progresse elle aussi, passant de 130 à 165 kW. Renault annonce un passage de 10 à 80 % en environ 24 minutes.
Ces améliorations permettent à la Mégane de rester dans la course, même si elles ne constituent pas une révolution pour le modèle.
Les utilitaires électriques auront aussi leur place
Renault ne limitera pas son offensive aux voitures particulières. Les véhicules utilitaires occuperont une place importante sur le stand.
Renault Pro+ présentera notamment plusieurs modèles électriques, dont le Trafic E-Tech. Les nouvelles Goelette et Estafette devraient également faire partie des véhicules particulièrement observés.
Pour Renault, l’enjeu est important : le marché des utilitaires électriques est appelé à progresser avec le durcissement des réglementations environnementales dans les grandes villes et l’évolution des flottes professionnelles.
Peugeot fait renaître le badge GTi
Peugeot jouera également la carte de la nostalgie avec le retour d’un sigle particulièrement célèbre : GTi.
Cette fois, les trois lettres seront apposées sur la 208, mais avec une différence majeure par rapport aux précédentes générations : cette nouvelle GTi sera électrique.
La Peugeot E-208 GTi développera 280 ch, une puissance impressionnante pour une citadine de ce format. Elle bénéficiera également d’un différentiel mécanique à glissement limité destiné à améliorer la motricité et le comportement dynamique.
Le choix d’une motorisation électrique constitue évidemment une petite révolution pour un badge historiquement associé aux moteurs essence sportifs.
Peugeot devra donc convaincre les passionnés que l’esprit GTi peut survivre à la disparition progressive des moteurs thermiques. Le Mondial de Paris sera justement l’occasion de mesurer la réaction du public.
Les constructeurs français ont beaucoup à jouer à Paris
Le Mondial de Paris 2026 ne sera pas seulement une exposition de nouveautés. Pour les constructeurs français, il représentera également une occasion de montrer qu’ils entendent rester des acteurs majeurs de l’automobile européenne.
Citroën misera sur l’effet nostalgie avec une nouvelle 2CV électrique, Renault sur le retour de la Twingo et une offensive électrique particulièrement importante, Peugeot sur la renaissance du badge GTi et DS sur son nouveau Numéro 7.
Alpine aura quant à elle une mission plus délicate : démontrer qu’une voiture sportive électrique peut conserver une partie de la légèreté et du plaisir de conduite qui ont fait la réputation de l’A110.
Le contexte sera d’autant plus intéressant que les constructeurs chinois seront nombreux à Paris. Les marques françaises devront donc profiter de leur salon national pour mettre en avant leurs innovations, mais aussi leur capacité à proposer des voitures compétitives face à une concurrence internationale de plus en plus agressive.
Du 12 au 18 octobre 2026, la Porte de Versailles devrait ainsi devenir le point de rendez-vous incontournable pour tous ceux qui souhaitent découvrir les prochaines orientations de l’automobile française. Et parmi toutes les nouveautés annoncées, la Citroën 2CV électrique, la Renault Twingo, la Peugeot E-208 GTi et la nouvelle Alpine A110 seront probablement les modèles les plus scrutés.
