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Mid Night Club : l’ex-mafia des courses de rue japonaises

Mid Night Club, c’est pour beaucoup une série de jeux vidéo à succès, mais avant même l’existence de la PlayStation c’était avant tout un groupe de hors-la-loi. Aujourd’hui inactifs dans le monde des courses de rue, ils ont cependant posé de solides fondations dans la culture automobile japonaise.

Nous avions déjà évoqué les « Bosozoku » dans un précédent article, laissez-vous porter un peu plus dans les folles années 90 de l’automobile au japon.

Qu’est-ce que ce « Wangan » ?

On vous plante le décor : rendez-vous pris au milieu de la nuit, sur l’autoroute entre Tokyo et Yokohama, la « Shuto Expressway Bayshore Route » surnommée « Wangan ».  Tout un groupe au volant de Nissan Skyline R33 GTR, Mazda RX7 FD, Porsche 911 et autres modèles mythiques de l’époque. Pas question de se poser sur un parking, faire le kéké avec sa ligne Miltek et sa carto pops & bang (on vous voit les fans d’Allemandes). Le Mid Night Club veut profiter de cette portion d’autoroute vide pour pousser la mécanique à son maximum lors de courses illégales. Des vitesses rapportées aux environs de 250 km/h maintenues durant plusieurs minutes,  certaines atteignant même la barre symbolique des 300 km/h. Des chiffres vraiment impressionnants dans les années 90 qui pourraient faire rougir des supercars modernes. Mais en quoi consiste vraiment ce club ultra sélectif ?

Mid Night, fight club

Environs 30 membres à son apogée. Un portefeuille bien rempli, essentiel pour pouvoir préparer des véhicules supportant les défis du club. Tous très discrets avec un sens de l’honneur irréprochable.

Ce n’est pas en s’approchant de leurs records de vitesse, puissance, etc. que vous l’intégriez. Il fallait suivre un apprentissage, une sorte de « Bac Pro automobile à 300 km/h » nécessitant l’approbation unanime de tous les membres pour son obtention. Période durant laquelle l’apprenti se doit d’assister à chaque réunion, respecter tous les codes et valeurs du club. À la moindre faute, vous étiez expulsé. Des règles sans pitié qui ont permis de garantir l’honneur du club. Seuls les véhicules ayant un sticker argenté portant la mention « Mid Night » garantissaient l’appartenance au club.

Selon les rumeurs, l’aventure Mid Night s’est officieusement finie en 1999, non pas parce que les autorités ont enfin réussi à les avoir. Mais de leur propre chef.

Une course du club, c’est une recherche de performance, une bataille entre pilotes et non un jeu pouvant mettre en danger la vie d’innocents. Au moindre incident qui aurait pu mettre en danger la vie d’autrui, vous étiez radié.

La légende raconte qu’une course entre des motards Bosozoku et le Mid Night Club aurait eu une issue tragique pour certains participants. Alors le club aurait décidé de se retirer. Une information impossible à vérifier aujourd’hui. En effet, le club serait encore bien actif, mais hors du domaine des courses de rue.

L’héritage du Mid Night Club

Il est aujourd’hui difficile de retrouver la trace de ces monstres conçus sur mesures. SpeedHunters a eu l’occasion d’approcher une des voitures les plus iconiques du club. Une Porsche 930 turbo appartenant à « Yoshida Eiichi » en apparence « classique », mais développant 601ch. Des rétroviseurs 100% aéro, aucun essuie-glace et des entrées d’air à la place des vitres arrière. De petits détails qui nous donnent une idée de la recherche de performance imposée. D’autres équipes ont poursuivi l’héritage du club, on pense par exemple à TOP SECRET qui amenait cette même année une Toyota Supra de 1000ch pour exploser des records sur route ouverte en Angleterre.

Source : http://www.speedhunters.com/

Si cet esprit vous plaît, ne vous ruez pas sur de faux stickers « slap » sur eBay à coller sur votre MX5. À l’origine, plusieurs personnes voulant imiter le groupe au Japon se sont vu dégrader leurs véhicules pour des faits similaires. Le Mid Night Club c’est avant tout un cercle restreint et discret. Profitez plutôt d’une visite au Japon pour visiter le rassemblement de Daikoku, « étrangement » proche du point de départ de la « Wangan »

À noter qu’un site www.midnightracingteam.jp a émergé en 2020, résumant l’histoire du groupe, utilisant son identité et avec un accès membre via un mot de passe. Un fan inspiré, ou réel retour d’une équipe Mid Night Club ? Cela reste à l’image du club, discret en apparence.

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